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Mémoires de madame de Rémusat (3/3)

Note (retour) — LIVRE SECOND

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Cependant, les souverains, parents ou alliés de l'empereur, envoyaient incessamment des députations en Pologne pour le féliciter de ses succès. On partait de Naples, d'Amsterdam, de Milan, pour porter à Varsovie les nouveaux hommages des différents États. Le royaume de Naples n'était troublé que par les mouvements de la Calabre, mais c'était assez pour le tenir sur le qui-vive. Le nouveau roi, un peu enclin au plaisir, était loin de fonder d'une manière assez ferme le plan que l'empereur avait conçu à l'égard des royautés qu'il avait faites. L'empereur se plaignait aussi de son frère Louis, et ce mécontentement faisait honneur à celui-ci. Au reste, l'intérieur de ce dernier devenait de jour en jour plus pénible. Madame Louis, après avoir joui d'un peu de liberté à Mayence, eut peine sans doute à rentrer sous la triste surveillance à laquelle elle était soumise près de son époux. Peut-être sa tristesse, qu'elle dissimula mal, arriva-t-elle à l'aigrir encore; mais, s'envenimant tous deux, ils finirent par vivre séparés dans le palais: elle, renfermée avec deux ou trois de ses dames; lui, livré à ses affaires et ne dissimulant point qu'il eût à se plaindre de sa femme. Il pensait qu'il ne fallait point laisser les Hollandais conclure contre lui de sa mésintelligence conjugale. On ne sait où une pareille situation les eût conduits tous deux, sans le malheur qui vint tomber sur eux, et qui les rapprocha, par le regret commun de ce qu'ils avaient perdu49.

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