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Mémoires de madame de Rémusat (3/3)

Note (retour) — LIVRE SECOND

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Les projets de l'empereur sur l'Europe s'agrandissant toujours, il lui importait de plus en plus de centraliser son administration, afin que les rayons de sa volonté, partis d'un même point, pussent être portés rapidement là où il voulait qu'ils se dirigeassent. À peu près certain de la soumission du Sénat, amoindrissant chaque jour l'importance du Corps législatif, décidé sans doute intérieurement à saisir la première occasion de se débarrasser du Tribunat, il confiait un pouvoir plus étendu à son conseil d'État composé d'hommes forts par l'esprit, et sur le caractère desquels il exerçait une influence directe. Par un nouveau décret de cette époque, il créa une commission des pétitions au conseil d'État, composée de conseillers, de maîtres des requêtes et d'auditeurs, qui se réunissaient trois fois la semaine, et dont le travail devait lui être porté. MM. Molé et Pasquier, tous deux maîtres des requêtes, furent nommés membres de cette commission. Tous deux étaient entrés dans les affaires en même temps, tous deux, quoique d'un âge fort différent27, avec de beaux noms de magistrature, des relations de société pareilles, un zèle égal et une ambition semblable, se faisaient peu à peu connaître dans ce nouveau gouvernement. Cependant, l'empereur montrait déjà plus de goût pour M. Molé. Il exerçait de l'empire sur sa jeunesse, qui, toute grave qu'elle était, ne pouvait cependant échapper à l'enthousiasme. Il se flattait de façonner ses idées à son gré, et il y parvint assez bien, tandis qu'il profitait des dispositions parlementaires qu'il retrouvait dans l'esprit de M. Pasquier. «J'exploite l'un, disait-il quelquefois, et je crée l'autre.» Je cite ce mot pour prouver encore combien son goût le portait à appliquer l'analyse à sa conduite envers tout le monde.

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