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Mémoires de madame de Rémusat (3/3)

Note (retour) — LIVRE SECOND

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En créant la confédération du Rhin, Bonaparte avait déclaré qu'il laissait la liberté aux villes anséatiques. Quand il s'agissait de liberté, il était assez naturel qu'on crût que l'empereur n'en faisait jamais qu'un don provisoire, et les déterminations prises à cet égard achevèrent d'agiter la politique prussienne. La reine et la noblesse excitaient le roi de Prusse à la guerre; aussi avons-nous vu, dans les bulletins de la campagne qui s'ouvrit peu après, cette princesse devenue l'objet des injures, souvent les plus grossières, comparée d'abord à Armide, qui, la torche à la main, cherchait à nous susciter des ennemis. En contraste avec cette comparaison un peu poétique, on trouvait, quelques lignes plus bas, cette phrase d'un style tout différent, et entièrement bourgeoise: «Quel dommage! car on dit que le roi de Prusse est un parfait honnête homme24.» Bonaparte a dit souvent qu'il n'y avait qu'un pas du sublime au ridicule: cela est vrai dans les actions comme dans les paroles, quand on néglige l'art véritable; il faut convenir qu'il le dédaignait un peu trop.

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