Note (retour) — LIVRE SECOND
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Il fut bien aussi, je le crois, entraîné par les circonstances qui naquirent des événements journaliers. Mais son parti était pris d'enchaîner, à quelque prix que ce fût, la liberté naissante, et il y employa toute son habileté. On a beaucoup dit, sous l'Empire et depuis sa chute, qu'il avait possédé mieux que qui que ce fût la science du pouvoir. Sans doute, si on la concentre seulement dans la connaissance des moyens de se faire obéir; mais, si le mot science renferme dans sa définition la connaissance claire et certaine d'une chose fondée sur des principes évidents par eux-mêmes ou par des démonstrations21, alors il est certain que Bonaparte ne faisait point entrer dans son système de gouvernement cette portion de principes qui tend à manifester l'estime du souverain à l'égard de ses sujets. Il ne reconnaissait nullement cette concession nécessaire: que tout homme qui veut maîtriser longtemps les autres hommes doit leur donner d'avance de certains droits, de peur que, fatigués un jour de leur inactivité morale, ils ne tentent de les revendiquer. Il ne savait point exciter les passions généreuses, comprendre ou réveiller la vertu, enfin s'exhausser d'autant plus qu'il eût grandi l'espèce humaine.