Note (retour) — LIVRE SECOND (continued 3)
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Durant ce voyage, l'empereur nomma M. de Caulaincourt ambassadeur à Pétersbourg. Celui-ci eut beaucoup de peine à le déterminer à accepter cette mission; il en coûtait à M. de Caulaincourt de se séparer d'une personne qu'il aimait, et il refusa avec fermeté. Mais Bonaparte, à force de paroles affectueuses, le détermina enfin, en lui promettant que ce brillant exil ne durerait que deux ans. On accorda au nouvel ambassadeur une somme énorme pour les frais de son établissement. Il devait toucher de sept à huit cent mille francs de traitement. L'empereur lui prescrivait d'effacer le luxe de tous les autres ambassadeurs. À son arrivée à Pétersbourg, M. de Caulaincourt trouva d'abord d'assez grands embarras. Le crime de la mort du duc d'Enghien laissait une tache sur son front. L'impératrice mère ne voulut point le voir; nombre de femmes se refusaient à ses avances. Le czar l'accueillit bien, prit peu à peu du goût pour lui, et même, après, une véritable amitié; et, à son exemple, on finit par se montrer moins sévère. Quand l'empereur sut qu'un pareil souvenir avait influé sur la situation de son ambassadeur, il s'en étonna beaucoup: «Quoi! disait-il, on se souvient de cette vieille histoire?» La même parole lui est échappée toutes les fois qu'il a retrouvé qu'en effet on ne l'avait point oubliée; et cela est arrivé plus d'une fois. Et souvent il ajoutait: «Quel enfantillage! mais pourtant ce qui est fait est fait88.»