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Mémoires de madame de Rémusat (3/3)

Note (retour) — LIVRE SECOND (continued 2)

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Madame de Talleyrand avait coutume de prendre en aversion tous les amis, ou amies, de son mari. Il est vraisemblable qu'elle ne fit aucune exception en ma faveur; mais je me tins toujours avec elle dans la réserve d'une telle politesse, je me mêlai si peu de son intérieur, que je ne me trouvai dans aucun contact avec elle. Je vis dans ce même salon quelques vieilles amies de M. de Talleyrand, qui commencèrent à m'examiner avec une curiosité qui m'amusa: la duchesse de Luynes, la princesse de Vaudemont, toutes deux excellentes, l'aimant solidement, vraies avec lui, et qui me traitèrent fort bien, parce qu'elles s'aperçurent que ma liaison était très simple et dépourvue d'intrigue; la vicomtesse de Laval, plus inquiète, assez malveillante, et qui, je crois, me jugea un peu sévèrement; la princesse de Lieskiewitz, soeur du prince Poniatowski. Celle-ci venait de faire connaissance avec M. de Talleyrand à Varsovie, et l'avait suivi à Paris. La pauvre femme, malgré ses quarante-cinq ans et un oeil de verre, avait le malheur d'éprouver un sentiment passionné pour lui, dont il se montrait fatigué, et qui la tenait éveillée sur ses moindres préférences. Il se pourrait bien qu'elle m'ait fait l'honneur d'un peu de jalousie. Plus tard, la princesse de X... éprouva la même infirmité, car c'en était une réelle d'avoir de l'amour pour M. de Talleyrand. On rencontrait là encore la duchesse de Fleury, fort spirituelle, qui avait rompu, par un divorce, son mariage avec M. de Montrond76; mesdames de Bellegarde, qui n'avaient dans le monde d'autre importance que celle d'une grande liberté de conversation; madame de K...., que M. de Talleyrand soignait, pour conserver une bonne relation avec le grand écuyer; madame de Brignole, dame du palais, Génoise aimable et très élégante dans toutes ses habitudes; madame de Souza, qui avait été d'abord madame de Flahault, femme d'esprit, liée dans sa première jeunesse à M. de Talleyrand, conservant son amitié, auteur de plusieurs jolis romans, et femme, à cette époque, de M. de Souza, qui avait été ambassadeur de Portugal; enfin toutes les ambassadrices, les princesses étrangères qui venaient à Paris, et un nombre infini de tout ce que l'Europe offrait de distingué.

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