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Mémoires de madame de Rémusat (3/3)

Note (retour) — LIVRE SECOND (continued 2)

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Le jour de Saint-Joseph51, les deux princesses Borghèse et Caroline52 voulurent donner une petite fête à l'impératrice. Une grande assemblée fut conviée; on représenta une petite comédie, ou vaudeville, pleine de couplets à la gloire de l'empereur et à la louange de la bonté et de la grâce de la personne fêtée. Les deux princesses étaient jolies comme des anges. Elles représentaient des bergères; le général Junot jouait le rôle d'un militaire revenant de l'armée, amoureux d'une des deux jeunes filles. Cette situation paraissait leur convenir beaucoup, soit dans la représentation, soit ailleurs. Mais les deux soeurs de Bonaparte, toutes ses soeurs qu'elles étaient, toutes princesses qu'elles étaient devenues, chantaient très faux. Elles s'en apercevaient l'une à l'égard de l'autre, et se moquaient mutuellement de leurs prétentions pareilles. Ma soeur et moi, nous jouions un rôle dans la pièce. Je m'amusai fort, durant les répétitions, de l'aigreur réciproque des deux soeurs, qui ne s'aimaient guère, et de l'embarras dans lequel l'auteur et le musicien se trouvaient. Tous deux mettaient une grande importance à leur ouvrage; ils s'affligeaient d'entendre défigurer leurs vers et leurs chansons; ils n'osaient se plaindre, faisaient des remontrances en tremblant; mais, tout autour, on se hâtait de leur imposer silence.

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