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Mémoires de madame de Rémusat (3/3)

Note (retour) — III

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»Je n'ai point d'hésitation à livrer ces Mémoires au jugement du monde. «Plus je vais,» m'écrivait ma mère, «plus je me convaincs que, jusqu'à ma mort, vous serez mon seul lecteur, et cela me suffit1». Et ailleurs: «Votre père dit qu'il ne connaît personne à qui je puisse montrer ce que j'écris. Il prétend que personne ne pousse plus loin que moi le talent d'être vraie: c'est son expression. Or donc, je n'écris pour personne. Un jour, vous trouverez cela dans mon inventaire, et vous en ferez ce que vous voudrez.» Ce n'était pas qu'elle n'eût quelques craintes: «Mais savez-vous une réflexion qui me travaille quelquefois? Je me dis: S'il arrivait qu'un jour mon fils publiât tout cela, que penserait-on de moi? Il me prend une inquiétude qu'on ne me crût mauvaise, ou du moins malveillante. Je sue à chercher des occasions de louer. Mais cet homme a été si assommateur de la vertu, et nous nous étions si abaissés, que bien souvent le découragement prend à mon âme, et le cri de la vérité me pousse; je ne connais personne que vous à qui je voulusse livrer de pareilles confidences2.»

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