Note 1 — LIVRE PREMIER
Reading edition
Note 1: (retour) Il semble que l'auteur, ici comme dans un chapitre précédent, ne soit pas assez précis sur la cause de la mort du général Pichegru. C'était une opinion, fort répandue alors, de douter de son suicide, et l'empereur expiait la mort du duc d'Enghien. Depuis ce crime, on était prompt à lui en prêter d'autres qu'auparavant ses plus grands ennemis n'auraient osé lui imputer. Il est pourtant certain qu'on n'a jamais établi l'intérêt qu'aurait eu Napoléon à ce que l'accusé ne parût point devant ses juges. M. Thiers a très fortement démontré que sa présence aux débats était nécessaire. Toutes les dépositions des accusés de tous les partis l'accablaient également, son crime légal était certain, et il ne pouvait manquer d'être condamné, et de paraître mériter sa condamnation. L'homme à redouter, c'était Moreau. On a dit, il est vrai, qu'un rapport de gens de l'art existe à la faculté de médecine, établissant l'impossibilité du suicide dans les conditions où l'on disait qu'il s'était passé, avec une cravate de soie dont il avait fait une corde et une cheville de bois dont il avait fait un levier. Mais la médecine légale, il y a plus de soixante-dix ans, était une science bien conjecturale, et des travaux récents ont démontré combien le suicide par strangulation est facile et demande peu d'efforts et de temps. (P. R.)