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Mémoires de madame de Rémusat (2/3)

Note 14 — LIVRE II

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Note 14: (retour) Cette défiance préparée et entretenue par l'empereur entre son grand chambellan et son premier chambellan, a été lente à s'effacer, et, malgré la bonne volonté et le bon esprit de tous deux, l'intimité n'est venue que plus tard, l'année suivante, pendant le voyage d'Allemagne. Après les premières avances de M. de Talleyrand, mon grand-père écrivait encore à sa femme dans une lettre datée de Milan, le 17 floréal an xiii (7 mai 1805): «M. de Talleyrand est ici depuis huit jours. Il ne tient qu'à moi de le croire mon meilleur ami. Il en a tout le langage. Je vais assez chez lui; il prend mon bras partout où il me trouve, cause avec moi à l'oreille pendant deux ou trois heures de suite, me dit des choses qui ont toute la tournure de confidences, s'occupe de ma fortune, m'en entretient, veut que je sois distingué de tous les autres chambellans. Dites donc, ma chère amie, est-ce que je serais en crédit? Ou bien, plutôt, aurait-il quelque tour à me jouer?». Peu de temps après, le langage devient tout différent, et la liaison fut très intime et bien affectueuse des deux côtés. (P. R.)

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