Note 18 — LIVRE II
Reading edition
Note 18: (retour) Cette liaison de mes grands-parents avec M. de Talleyrand, commencée pendant le séjour de mon grand-père à Milan, devenait précisément plus intime dans la même année. Voici ce que ma grand'mère écrivait de lui à son mari, le 6 vendémiaire an XIV (28 sept. 1805): «J'ai été réellement contente du ministre. Dans une petite audience qu'il m'a donnée, il m'a témoigné de l'amitié à sa manière. Vous pouvez lui dire qu'il a été bien aimable, que je vous l'ai écrit. Cela ne fait jamais de mal. Je lui ai dit, en riant: «Aimez donc mon mari; cela ne vous donnera pas grand'peine, et cela me fera plaisir.» Il m'a assuré qu'il vous aimait, et je l'ai cru. Il prétend que nous nous ennuyons trop à la cour pour ne pas devenir toutes un peu galantes, moi, dit-il, un peu plus tard que les autres, parce que je ne suis pas tout à fait bête, et que l'esprit est la plus sûre sauvegarde. J'avais envie de lui dire qu'il n'en était pas la preuve, et que je sentais en moi une bien meilleure défense, qui est tout entière dans ce sentiment si doux, si exclusif que tu as su m'inspirer, et qui fait le bonheur de ma vie, même en ce moment où il me cause de vifs chagrins.» Ce chagrin, c'était l'absence. (P. R.)