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Mémoires de madame de Rémusat (2/3)

Note 16a — LIVRE II

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Note 16a: (retour) Les lettres de ma grand'mère, et ce n'en est pas le moindre prix, sont remplies de récits sur l'esprit, la grâce, les heureuses dispositions de ce jeune enfant. On me pardonnera d'en citer un exemple. Dans une lettre du 29 floréal an XIII (19 mai 1805), après quelques éloges de la facilité de son fils à apprendre et à comprendre, elle ajoute: «Je ne sais si, tout paternel que vous êtes, vous ne sourirez pas de ce portrait que ma tendresse trace ainsi, mais je vous assure que je n'exagère rien, et si vous ne me croyez pas, consultez sa grand'mère (madame de Vergennes). Elle a une partie de surveillance sur lui dont elle s'acquitte avec une exactitude qui ne doit vous laisser aucune inquiétude. Le petit couche près d'elle, et, excepté à l'heure de ses leçons, où on me l'envoie, il reste près d'elle, ou dans le jardin, à jouer sous ses yeux. Il la réveille un peu matin, mais il me semble que cela l'amuse, et c'est ordinairement dans ce moment de la journée qu'elle lui donne ce qu'elle appelle la leçon d'esprit; en effet, c'est alors qu'elle le fait causer. Elle s'est imaginée de faire avec lui des dialogues des morts: Charles fait un interlocuteur, et ma mère un autre. Hier, le dialogue était entre Néron et Talma. Après avoir parlé de la tragédie, Charles, sous le nom du second, demanda à Néron s'il avait à Rome un premier chambellan chargé de ses plaisirs. Après avoir répondu, Néron questionne à son tour, et veut savoir quel était le premier chambellan des Français pendant la vie de Talma. Alors celui-ci vous nomme, et fait de grands éloges de vous; après cela, il parle de votre famille, de votre femme qui est une bonne mère, et puis de votre belle-mère, et Talma ajoute avec un air confidentiel: «Seigneur, si vous voulez me garder le secret, je vous dirai qu'il a une belle-mère qui est tout à fait folle de son petit-fils,» et maman de rire, et d'être ravie en me contant cela. Mais en voilà assez sur ce marmot, à qui j'ai demandé hier pourquoi je l'aimais tant, et qui m'a répondu: «Parce que je suis le fils de papa.» Qu'en dites-vous? Est-ce que je ne l'élève pas bien?» (P. R.)

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