Note (retour) — LIVRE II (continued 2)
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Louis Bonaparte avait une fort mauvaise santé. Depuis son retour d'Égypte, il était rongé par un mal inconnu, se manifestant par de fréquentes attaques qui avaient particulièrement affaibli si bien ses jambes et ses mains, qu'il marchait avec quelque difficulté, et qu'il était gêné dans toutes les articulations. La médecine épuisa infructueusement pour lui toutes ses ressources. Corvisart, médecin de toute la famille, lui conseilla enfin de tenter un dernier essai, quelque dégoûtant qu'il fût44. Il supposa que, peut-être, une forte éruption appelée à la peau dégagerait l'âcreté cachée qui échappait à tant de remèdes. On se détermina donc à porter, sous le dais brodé qui couronnait le lit du prince Louis, les draps enlevés à un galeux de l'hôpital; et Son Altesse impériale fut obligée de s'en envelopper, et même de revêtir la chemise de ce malade. Louis, qui voulait cacher à tout le monde l'essai qu'il faisait, exigea que rien ne fût changé dans ses habitudes avec sa femme. Il était accoutumé à coucher dans la même chambre, sans occuper le même lit; il avait toujours voulu qu'elle passât les nuits près de lui, sur un petit lit dressé sous les mêmes rideaux. Il ordonna, très impérativement, que cet usage se continuât, ajoutant, dans sa dure et bizarre jalousie, qu'un mari ne devait jamais se départir des précautions qui l'empêchaient d'abandonner une femme à son inconstance naturelle. Madame Louis, malade elle-même, et malgré le dégoût naturel qu'elle éprouvait, se soumit, et garda le silence sur ce nouvel abus du pouvoir conjugal.