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Mémoires de madame de Rémusat (1/3)

Note (retour) — LIVRE PREMIER

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Cependant on commençait à murmurer tout bas que la guerre pourrait bien se rallumer avec les Anglais. Des lettres secrètes sur quelques entreprises tentées dans la Vendée furent publiées. On semblait y accuser le gouvernement anglais de les soutenir, et Georges Cadoudal y était nommé comme agent entre ce gouvernement et les chouans. On parlait en même temps de M. d'André, qui, disait-on, avait pénétré en France secrètement, après avoir déjà une fois, avant le 18 fructidor, essayé de servir l'agence royale. Sur ces entrefaites, on assembla le Corps législatif. Le compte qui lui fut rendu de l'état de la République était remarquable et fut remarqué. L'état de paix avec toutes les puissances, le conclusum donné à Ratisbonne sur le nouveau partage de l'Allemagne et reconnu par tous les souverains, la constitution acceptée par les Suisses, le concordat, l'instruction publique dirigée, la formation de l'Institut30, la justice mieux dispensée, l'amélioration des finances, le Code civil, dont une partie fut soumise à cette assemblée, les différents travaux commencés en même temps sur nos frontières et en France, les projets pour Anvers, le mont Cenis, les bords du Rhin et le canal de l'Ourcq, l'acquisition de l'île d'Elbe, Saint-Domingue qui tenait encore, des projets de loi nombreux sur les contributions indirectes, sur la formation des chambres de commerce, sur l'exercice de la médecine et sur les manufactures, tout cela offrait un tableau satisfaisant et honorable pour le gouvernement. À la fin de ce rapport, on avait pourtant glissé quelques mots sur la possibilité d'une rupture avec l'Angleterre et sur la nécessité de fortifier l'armée. Ni le Corps législatif, ni le Tribunat ne s'opposèrent à rien, et des approbations, après tout méritées à cette époque, furent données à tant de travaux si heureusement commencés.

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