Note (retour) — LIVRE PREMIER (continued 2)
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Peu de jours après le premier retour du roi, le duc de Rovigo se présenta chez moi un matin39. Il cherchait alors à se justifier des accusations qui pesaient sur sa tête. Il me parla de la mort du duc d'Enghien. «L'empereur et moi, me dit-il, nous avons été trompés dans cette occasion. L'un des agents subalternes de la conspiration de Georges avait été gagné par ma police; il nous vint déclarer que, dans une nuit où les conjurés étaient rassemblés, on leur avait annoncé l'arrivée secrète d'un chef important qu'on ne pouvait encore nommer; et qu'en effet, quelques nuits après, il était survenu parmi eux un personnage auquel les autres donnaient de grandes marques de respect. Cet espion le désignait de manière à faire croire que cet individu inconnu devait être un prince de la maison de Bourbon. Dans le même temps, le duc d'Enghien s'était établi à Ettenheim, pour y attendre sans doute le succès de la conspiration. Les agents écrivirent qu'il lui arrivait quelquefois de disparaître pour plusieurs jours; nous conclûmes que c'était pour venir à Paris, et son arrestation fut résolue. Depuis, lorsqu'on a confronté l'espion avec les coupables arrêtés, il a reconnu Pichegru pour le personnage important désigné, et, lorsque j'en rendis compte à Bonaparte, il s'écria en frappant du pied: «Ah! le malheureux! qu'est-ce qu'il m'a fait faire?»