Note 48 — LIVRE PREMIER (continued 2)
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Note 48: (retour) Le meurtre du duc d'Enghien est l'inépuisable sujet des controverses entre les adversaires de l'Empire et les défenseurs de Napoléon. Mais les dernières et les plus sérieuses publications des historiens et des auteurs de mémoires ne sont en rien contradictoires avec ce récit qui a d'ailleurs tous les caractères de la sincérité et de la vérité. Le premier consul a conçu et ordonné l'attentat, Savary et la commission militaire l'ont exécuté, M. de Caulaincourt en a été l'intermédiaire inconscient. On peut trouver toutes les pièces du procès dans un livre intitulé: Le duc d'Enghien, d'après les documents historiques, par L. Constant, in-8, Paris, 1869. Voici toutefois un passage des Mémoires d'Outre-tombe, par Chateaubriand, qu'il me paraît intéressant de citer ici, quoique ce livre ne soit point le meilleur de son auteur, et ne mérite pas une confiance absolue. Pourtant la démission que donna le lendemain du crime M. de Chateaubriand lui fait justement honneur. «Il y eut une délibération du conseil pour l'arrestation du duc d'Enghien. Cambacérès, dans ses mémoires inédits, affirme, et je le crois, qu'il s'opposa à cette arrestation; mais en racontant ce qu'il dit, il ne dit pas ce qu'on lui répliqua. Du reste, le Mémorial de Sainte-Hélène nie les sollicitations de miséricorde auxquelles Bonaparte aurait été exposé. La prétendue scène de Joséphine demandant à genoux la grâce du duc d'Enghien, s'attachant au pan de l'habit de son mari et se faisant traîner par ce mari inexorable, est une de ces inventions de mélodrame avec lesquelles nos fabliers composent aujourd'hui la véridique histoire. Joséphine ignorait, le 19 mars au soir, que le duc d'Enghien devait être jugé; elle le savait seulement arrêté. Elle avait promis à madame de Rémusat de s'intéresser au sort du prince. Ce ne fut que le 21 mars que Bonaparte dit à sa femme: «Le duc d'Enghien est fusillé.» Les mémoires de madame de Rémusat, que j'ai connue, étaient extrêmement curieux sur l'intérieur de la cour impériale. L'auteur les a brûlés pendant les Cent-Jours, et ensuite écrits de nouveau; ce ne sont plus que des souvenirs reproduits sur des souvenirs; la couleur est affaiblie, mais Bonaparte y est toujours montré à nu, et jugé avec impartialité.» (P. R.)