Note (retour) — I
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Mon grand-père et ma grand'mère, ou plutôt M. et Mme de Rémusat, car les termes de parenté uniquement employés donneraient quelque obscurité au récit, demeuraient tantôt à Paris, tantôt à Saint-Gratien dans une maison de campagne fort modeste. Les environs en étaient agréables, et par la beauté du site, et par le charme du voisinage. Les plus proches et les plus aimables des voisins étaient les hôtes de Sannois avec lesquels madame de Vergennes était fort liée. Les Confessions de Jean-Jacques Rousseau, les Mémoires de madame d'Épinay, et cent écrits du siècle dernier ont fait connaître les lieux et les personnes. Madame d'Houdetot (Sophie de Lalive) avait paisiblement traversé la Révolution dans cette maison de campagne où elle réunissait sur ses vieux jours son mari, M. d'Houdetot, et M. de Saint-Lambert4. La célébrité de ce lien et sa durée permettent de prendre ici les libertés de l'ancien régime. Entre les habitants de Sannois et ceux de Saint-Gratien, l'intimité fut bientôt complète, au point que, cette dernière propriété ayant été vendue, mes grands-parents louèrent une maison plus rapprochée de leurs amis, et les jardins communiquaient par une entrée particulière. Pourtant, de plus en plus, M. de Rémusat venait à Paris, et, les temps devenant plus tranquilles, il songeait à sortir de l'obscurité, et, pourquoi ne le dirait-on pas? de la gêne où la confiscation des biens de M. de Vergennes plaçait la femme, et où la privation de son emploi dans la magistrature réduisait le mari. Naturellement, comme il arrive toujours dans notre pays, c'est aux fonctions publiques que l'on pensa. Sans avoir nul rapport avec le gouvernement, ni même avec M. de Talleyrand, alors ministre des relations extérieures, c'est à ce département qu'il fut attaché. Il y obtint sinon une place, du moins une occupation devant donner lieu à une place, dans le contentieux du ministère.