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Mémoires de madame de Rémusat (1/3)

Note (retour) — I

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On voit, par ces fragments de lettres, sous l'empire de quels sentiments les Mémoires ont été conçus et écrits. Ce n'a été ni un passe-temps littéraire, ni un plaisir d'imagination, ni l'effet d'une prétention d'écrivain, ni l'essai d'une apologie intéressée; mais la passion de la vérité, le spectacle politique que l'auteur avait sous les yeux, l'influence d'un fils chaque jour mieux affermi dans les opinions libérales qui devaient faire le charme et l'honneur de sa vie, lui ont donné le courage de poursuivre cette oeuvre pendant plus de deux années. Elle avait compris cette noble politique qui place les droits des hommes au-dessus des droits de l'État. Ce n'est pas tout. Comme il arrive aux personnes fortement attachées à une oeuvre intellectuelle, tout s'animait et s'éclairait à ses yeux, et jamais elle n'avait mené une vie si active. À travers les maux d'une santé chancelante, elle venait sans cesse de Lille à Paris, jouait le rôle d'Elmire, du Tartufe, à Champlâtreux chez M. Molé, s'occupait d'un ouvrage sur les femmes du xviie siècle, qui est devenu son Essai sur l'éducation des femmes, donnait des notes à Dupuytren pour un éloge de Corvisart, publiait même une nouvelle dans le Lycée français10.

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