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Mémoires de madame de Rémusat (1/3)

Note (retour) — I

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Il était seulement plus positif et plus hardi qu'eux, moins gêné par des souvenirs ou des affections. Il ne regrettait pas l'empereur, et, si touché qu'il fût par les souffrances de l'armée française, il voyait la chute de l'Empire avec indifférence, sinon avec joie. C'était pour lui, comme pour la plupart des jeunes gens distingués de sa génération, une délivrance. Il saisissait avec avidité les premières idées d'ordre constitutionnel qui faisaient leur rentrée avec les Bourbons. Mais l'apparition des royalistes de salon le frappait par le ridicule; beaucoup de choses et de mots qu'on remettait en honneur8 lui semblaient des niaiseries; les injures contre l'empereur et les hommes de l'Empire le révoltaient, mais ni ses parents ni lui, encore qu'un peu défiants du nouveau régime, n'avaient une malveillance systématique contre ce qui se passait. Les malheurs, ou du moins les ennuis personnels qui en étaient la conséquence: la privation des emplois, la nécessité de vendre, et fort mal, une bibliothèque qui était la joie de mon grand-père, et qui a laissé une trace dans la mémoire des amateurs, mille autres contrariétés, ne les empêchaient point de se sentir délivrés. Ils étaient tout près de réaliser une parole célèbre de l'empereur. Celui-ci, en pleine puissance, demandait aux personnes qui se trouvaient autour de lui ce qu'on dirait après sa mort, et chacun s'empressait à un compliment ou à une flatterie. Il les interrompit en disant: «Comment! vous êtes embarrassés pour savoir ce qu'on dira? On dira: «Ouf!»

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