Note Retour au Texte Principal — LIVRE II[380]
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Ma loge n'était éclairée que par une fenêtre grillée qui s'ouvrait fort haut; je plaçai ma table sous cette fenêtre et je montai sur cette table pour respirer et jouir de la lumière. À travers les barreaux de ma cage à voleur, je n'apercevais qu'une cour ou plutôt un passage sombre et étroit, des bâtiments noirs autour desquels tremblotaient des chauve-souris. J'entendais le cliquetis des clefs et des chaînes, le bruit des sergents de ville et des espions, le pas des soldats, le mouvement des armes, les cris, les rires, les chansons dévergondées des prisonniers mes voisins, les hurlements de Benoît, condamné à mort comme meurtrier de sa mère et de son obscène ami[384]. Je distinguais ces mots de Benoît entre les exclamations confuses de la peur et du repentir: «Ah! ma mère! ma pauvre mère!» Je voyais l'envers de la société, les plaies de l'humanité, les hideuses machines qui font mouvoir ce monde.