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Mémoires d'Outre-Tombe, Tome 4

Note Retour au Texte Principal — LIVRE X[244]

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Madame la Dauphine et madame la duchesse de Berry furent insultées en se rendant à la revue; le roi fut généralement bien accueilli; mais une ou deux compagnies de la 6e légion crièrent: «À bas les ministres! à bas les jésuites!» Charles X offensé répliqua: «Je suis venu ici pour recevoir des hommages, non des leçons.» Il avait souvent à la bouche de nobles paroles que ne soutenait pas toujours la vigueur de l'action: son esprit était hardi, son caractère timide. Charles X, en rentrant au château, dit au maréchal Oudinot: «L'effet total a été satisfaisant. S'il y a quelques brouillons, la masse de la garde nationale est bonne: témoignez-lui ma satisfaction[284].» M. de Villèle arriva. Des légions à leur retour avaient passé devant l'hôtel des finances et crié: À bas Villèle! Le ministre, irrité par toutes les attaques précédentes, n'était plus à l'abri des mouvements d'une froide colère; il proposa au conseil de licencier la garde nationale. Il fut appuyé de MM. de Corbière, de Peyronnet, de Damas et de Clermont-Tonnerre, combattu par M. de Chabrol, l'évêque d'Hermopolis et le duc de Doudeauville. Une ordonnance du roi prononça le licenciement[285], coup le plus funeste porté à la monarchie avant le dernier coup des journées de Juillet: si à ce moment la garde nationale ne se fût pas trouvée dissoute, les barricades n'auraient pas eu lieu. M. le duc de Doudeauville donna sa démission[286]; il écrivit au roi une lettre motivée dans laquelle il annonçait l'avenir, que tout le monde, au reste, prévoyait.

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