Note 580 — TROISIÈME PARTIE CARRIÈRE POLITIQUE 1814-1830 (continued 5)
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Quelques-unes de ces paroles, plus fortement accentuées, les mots: «Sortez, monsieur!» trois fois répétés sur un ton de colère, avaient traversé la double porte du cabinet et étaient arrivés au salon voisin. Lorsque M. Daru y repassa, chacun s'écarta de lui; on semblait ne pas le voir, ou craindre de l'aborder. À un de ses amis, qui le regardait avec tristesse, il demanda ce que signifiait cet accueil, et son ami de lui répondre: «Mon Dieu! c'est l'effet de quelques paroles qu'on a trop entendues ici. L'Empereur paraît bien irrité: il semble qu'il vous a destitué, qu'il vous exile, comme M. de Marbois, ou le duc d'Otrante; cela consterne vos amis et tient tout le monde à distance et en observation.» M. Daru rassura son interlocuteur, lui dit qu'on avait mal entendu ou mal compris; qu'il s'agissait seulement d'exiler un académicien; que cela même n'aurait pas lieu, et que l'orage serait passé dans deux jours; puis, saluant de bonne grâce quelques personnes qui, voyant sa sérénité, se rapprochèrent de lui, il sortit en riant[580].