Note 565 — TROISIÈME PARTIE CARRIÈRE POLITIQUE 1814-1830 (continued 4)
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Sainte-Beuve a pris texte de ce douloureux épisode pour adresser à Chateaubriand le plus sanglant des reproches. Il l'accuse de n'avoir rien fait pour empêcher l'exécution de son cousin, de s'être refusé à le sauver alors qu'il lui était facile de le faire. «Napoléon, dit-il, lui aurait très probablement accordé la grâce de son cousin, arrêté pour conspiration, qui n'aurait pas été fusillé, si l'écrivain qui se posait en adversaire avait consenti à la demander directement au maître et à lui en savoir gré. Les Mémoires laissés par Mme de Rémusat, s'ils sont publiés, nous diront un jour cela.»—Et plus loin, revenant sur ce sujet et insistant, Sainte-Beuve ajoute: «La vérité est que M. de Chateaubriand ayant fait parler à l'Empereur par Mme de Rémusat en faveur de ce cousin, l'Empereur répondit très nettement: «M. de Chateaubriand veut la grâce de son cousin? pourquoi ne la demande-t-il pas lui-même?» Mais M. de Chateaubriand, qui, apparemment, ne voulait pas en savoir gré ensuite ni contracter une obligation personnelle, ne fit point de demande en grâce toute franche et directe, et la condamnation eut son effet. Il tenait plus à son grief et à sa vengeance future qu'à son cousin[565]».