Note 484 — TROISIÈME PARTIE CARRIÈRE POLITIQUE 1814-1830 (continued 4)
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Est-ce aux royalistes qu'il faut s'en prendre de la Restauration, comme on l'avance aujourd'hui? Pas le moins du monde: ne dirait-on pas que trente millions d'hommes étaient consternés tandis qu'une poignée de légitimistes accomplissaient, contre la volonté de tous, une restauration détestée, en agitant quelques mouchoirs et en mettant à leur chapeau un ruban de leur femme? L'immense majorité des Français était, il est vrai, dans la joie; mais cette majorité n'était point légitimiste dans le sens borné du mot, et comme ne s'appliquant qu'aux rigides partisans de la vieille monarchie. Cette majorité était une foule prise dans toutes les nuances des opinions, heureuse d'être délivrée, et violemment animée contre l'homme qu'elle accusait de tous ses malheurs[484]; de là le succès de ma brochure. Combien comptait-on d'aristocrates avoués proclamant le nom du roi? MM. Mathieu et Adrien de Montmorency, MM. de Polignac, échappés de leur geôle, M. Alexis de Noailles, M. Sosthène de La Rochefoucauld. Ces sept ou huit hommes, que le peuple méconnaissait et ne suivait pas, faisaient-ils la loi à toute une nation?