Note 377 — TROISIÈME PARTIE CARRIÈRE POLITIQUE 1814-1830 (continued 3)
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Le duc de Bellune était chargé de protéger le passage. Il avait laissé en arrière le général Partouneaux[377] qui fut obligé de capituler. Le duc de Reggio, blessé de nouveau, était remplacé dans son commandement par le maréchal Ney. On traversa les marais de la Gaina: la plus petite prévoyance des Russes aurait rendu les chemins impraticables. À Malodeczno, le 3 décembre, se trouvèrent toutes les estafettes arrêtées depuis trois semaines. Ce fut là que Napoléon médita d'abandonner le drapeau. «Puis-je rester,» disait-il, «à la tête d'une déroute?» À Smorgoni, le roi de Naples et le prince Eugène le pressèrent de retourner en France. Le duc d'Istrie porta la parole; dès les premiers mots Napoléon entra en fureur, il s'écria: «Il n'y a que mon plus mortel ennemi qui puisse me proposer de quitter l'armée dans la situation où elle se trouve.» Il fit un mouvement pour se jeter sur le maréchal, son épée nue à la main. Le soir il fit rappeler le duc d'Istrie et lui dit: «Puisque vous le voulez tous, il faut bien que je parte.» La scène était arrangée; le projet de départ était arrêté lorsqu'elle fut jouée. M. Fain assure en effet que l'empereur s'était déterminé à quitter l'armée pendant la marche qui le ramena le 4 de Malodeczno à Biclitza. Telle fut la comédie par laquelle l'immense acteur dénoua son drame tragique.