Note 336 — TROISIÈME PARTIE CARRIÈRE POLITIQUE 1814-1830 (continued 2)
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Bonaparte, parvenu à Witepsk[336], eut un moment l'idée de s'y arrêter. Rentrant à son quartier général, après avoir vu Barclay se retirer encore, il jeta son épée sur des cartes et s'écria: «Je m'arrête ici! ma campagne de 1812 est finie: celle de 1813 fera le reste.» Heureux s'il eût tenu à cette résolution que tous ses généraux lui conseillaient! Il s'était flatté de recevoir de nouvelles propositions de paix: ne voyant rien venir, il s'ennuya; il n'était qu'à vingt journées de Moscou. «Moscou la ville sainte!» répétait-il. Son regard devenait étincelant, son air farouche: l'ordre de partir est donné. On lui fait des observations; il les dédaigne; Daru, interrogé, lui répond: «qu'il ne conçoit ni le but ni la nécessité d'une pareille guerre». L'empereur réplique: «Me prend-on pour un insensé? Pense-t-on que je fais la guerre par goût?» Ne lui avait-on pas entendu dire à lui, empereur, «que la guerre d'Espagne et celle de Russie étaient deux chancres qui rongeaient la France?» Mais pour faire la paix il fallait être deux, et l'on ne recevait pas une seule lettre d'Alexandre.