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Mémoires d'Outre-Tombe, Tome 3

Note 319 — TROISIÈME PARTIE CARRIÈRE POLITIQUE 1814-1830 (continued 2)

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Ce ne fut pas faute d'avertissements que Bonaparte s'obstina à la guerre de Russie: le duc de Frioul[319], le comte de Ségur[320], le duc de Vicence, consultés, opposèrent à cette entreprise une foule d'objections: «Il ne faut pas,» disait courageusement le dernier (Histoire de la Grande-Armée), «en s'emparant du continent et même des États de la famille de son allié, accuser cet allié de manquer au système continental. Quand les armées françaises couvraient l'Europe, comment reprocher aux Russes leur armée? Fallait-il donc se jeter par delà tous ces peuples de l'Allemagne, dont les plaies faites par nous n'étaient point encore cicatrisées? Les Français ne se reconnaissaient déjà plus au milieu d'une patrie qu'aucune frontière naturelle ne limitait. Qui donc défendra la véritable France abandonnée?—Ma renommée, répliqua l'empereur[321].» Médée avait fourni cette réponse: Napoléon faisait descendre à lui la tragédie.

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