Note (Retour au texte principal.) — LIVRE VIII[94]
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Peltier[99], auteur du Domine salcum fac regem[100] et principal rédacteur des Actes des Apôtres, continuait à Londres son entreprise de Paris. Il n'avait pas précisément de vices; mais il était rongé d'une vermine de petits défauts dont on ne pouvait l'épurer: libertin, mauvais sujet, gagnant beaucoup d'argent et le mangeant de même, à la fois serviteur de la légitimité et ambassadeur du roi nègre Christophe auprès de George III, correspondant diplomatique de M. le comte de Limonade, et buvant en vin de Champagne les appointements qu'on lui payait en sucre. Cette espèce de M. Violet, jouant les grands airs de la Révolution sur un violon de poche, me vint voir et m'offrit ses services en qualité de Breton. Je lui parlai de mon plan de l'Essai; il l'approuva fort: «Ce sera superbe!» s'écria-t-il, et il me proposa une chambre chez son imprimeur Baylis, lequel imprimerait l'ouvrage au fur et à mesure de la composition. Le libraire Deboffe aurait la vente; lui, Peltier, emboucherait la trompette dans son journal l'Ambigu, tandis qu'on pourrait s'introduire dans le Courrier français de Londres, dont la rédaction passa bientôt à M. de Montlosier[101]. Peltier ne doutait de rien: il parlait de me faire donner la croix de Saint-Louis pour mon siège de Thionville. Mon Gil Blas, grand, maigre, escalabreux, les cheveux poudrés, le front chauve, toujours criant et rigolant, met son chapeau rond sur l'oreille, me prend par le bras et me conduit chez l'imprimeur Baylis, où il me loue sans façon une chambre, au prix d'une guinée par mois.