Note (Retour au texte principal.) — LIVRE VIII[94]
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La certitude acquise ainsi de ma fin prochaine, en augmentant le deuil naturel de mon imagination, me donna un incroyable repos d'esprit. Cette disposition intérieure explique un passage de la notice placée à la tête de l'Essai historique[97], et cet autre passage de l'Essai même: «Attaqué d'une maladie qui me laisse peu d'espoir, je vois les objets d'un œil tranquille; l'air calme de la tombe se fait sentir au voyageur qui n'en est plus qu'à quelques journées[98].» L'amertume des réflexions répandues dans l'Essai n'étonnera donc pas: c'est sous le coup d'un arrêt de mort, entre la sentence et l'exécution, que j'ai composé cet ouvrage. Un écrivain qui croyait toucher au terme, dans le dénûment de son exil, ne pouvait guère promener des regards riants sur le monde.