Note (Retour au texte principal.) — LIVRE VII[1]
Reading edition
Le 19 juin, j'étais allé à la vallée de Montmorency visiter l'Ermitage de J.-J. Rousseau: non que je me plusse au souvenir de Mme d'Épinay[48] et de cette société factice et dépravée; mais je voulais dire adieu à la solitude d'un homme antipathique par ses mœurs à mes mœurs, bien que doué d'un talent dont les accents remuaient ma jeunesse. Le lendemain, 20 juin, j'étais encore à l'Ermitage; j'y rencontrai deux hommes qui se promenaient comme moi dans ce lieu désert pendant le jour fatal de la monarchie, indifférents qu'ils étaient ou qu'ils seraient, pensais-je, aux affaires du monde: l'un était M. Maret[49], de l'Empire, l'autre, M. Barère, de la République. Le gentil Barère[50] était venu, loin du bruit, dans sa philosophie sentimentale, conter des fleurettes révolutionnaires à l'ombre de Julie. Le troubadour de la guillotine, sur le rapport duquel la Convention décréta que la Terreur était à l'ordre du jour, échappa à cette Terreur en se cachant dans le panier aux têtes; du fond du baquet de sang, sous l'échafaud, on l'entendait seulement croasser la mort! Barère était de l'espèce de ces tigres qu'Oppien fait naître du souffle léger du vent: velocis Zephyri proles.