Note (retour) — LIVRE V [285]
Reading edition
Après la Terreur, Ginguené devint quasi chef de l'instruction publique; ce fut alors qu'il chanta l'Arbre de la liberté au Cadran-Bleu, sur l'air: Je l'ai planté, je l'ai vu naître. On le jugea assez béat de philosophie pour une ambassade auprès d'un de ces rois qu'on découronnait. Il écrivait de Turin à M. de Talleyrand qu'il avait vaincu un préjugé: il avait fait recevoir sa femme en pet-en-l'air à la cour [304]. Tombé de la médiocrité dans l'importance, de l'importance dans la niaiserie, et de la niaiserie dans le ridicule, il a fini ses jours littérateur distingué comme critique, et, ce qu'il y a de mieux, écrivain indépendant dans la Décade [305] la nature l'avait remis à la place d'où la société l'avait mal à propos tiré. Son savoir est de seconde main, sa prose lourde, sa poésie correcte et quelquefois agréable.