Note (retour) — LIVRE II [161]
Reading edition
La troisième année de mon séjour à Dol fut marquée par le mariage de mes deux sœurs aînées: Marianne épousa le comte de Marigny, et Bénigne le comte de Québriac. Elles suivirent leurs maris à Fougères: signal de la dispersion d'une famille dont les membres devaient bientôt se séparer. Mes sœurs reçurent la bénédiction nuptiale à Combourg le même jour, à la même heure, au même autel, dans la chapelle du château [197]. Elles pleuraient, ma mère pleurait; je fus étonné de cette douleur: je la comprends aujourd'hui. Je n'assiste pas à un baptême ou à un mariage sans sourire amèrement ou sans éprouver un serrement de cœur. Après le malheur de naître, je n'en connais pas de plus grand que celui de donner le jour à un homme.