Note (retour) — IX
Reading edition
Le Génie du Christianisme a relevé la religion dans les esprits, et en même temps qu'il les ramenait à la vérité religieuse, il donnait le signal du retour à la vérité littéraire. La Bible vengée du sarcasme de Voltaire, l'antiquité classique remise en honneur et Homère replacé à son rang; l'attention ramenée sur les Pères de l'Église; la supériorité des écrivains du XVIIe siècle sur ceux du XVIIIe hautement proclamée et invinciblement établie; les chefs-d'œuvre des littératures étrangères admis au foyer d'une hospitalité plus large et plus intelligente; l'art gothique réhabilité; les nouveaux historiens de la France invités, par l'exemple même de l'auteur, à étudier avec un respect filial le passé de la patrie; les semences du vrai romantisme, du romantisme national et chrétien, déposées en terre pour produire bientôt une glorieuse moisson: tels sont les principaux services rendus à la société et aux lettres par le Génie du Christianisme. «Ce livre, a dit M. Léon Gautier, a enfanté et mis au monde le XIXe siècle [79].» «Toutes les nouveautés, a dit de son côté M. Nisard, toutes les nouveautés durables de la première moitié du XIXe siècle, en poésie, en histoire, en critique, ont reçu de Chateaubriand ou la première inspiration ou l'impulsion décisive [80].»