Note (retour) — IX
Reading edition
On ne manquait pas d'ailleurs de se prévaloir, contre les Mémoires d'Outre-Tombe, de ce qu'ils avaient été publiés par bribes et par morceaux, déchiquetés en feuilletons. Quand ils parurent en volumes, on triompha contre eux de ce qu'ils étaient découpés en une infinité de petits chapitres, sans lien entre eux, sans coordination, sans suite apparente. Nul n'eut l'idée de se dire qu'on était évidemment en présence d'une édition fautive, que Chateaubriand n'avait pas pu, contrairement à toutes ses habitudes, renoncer, pour son livre de prédilection, à cet art savant de la composition, à cette symétrie, à cette belle ordonnance, qui avaient signalé jusque-là et marqué toutes ses œuvres, même les moindres. On trouva commode de dire avec Sainte-Beuve: «Les Mémoires d'Outre-Tombe font l'effet des mémoires du Chat Murr dans Hoffmann, pour l'interruption continuelle et la bigarrure [77].»