Note (retour) — III
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Sans doute, il y avait, dans ce violent réquisitoire, des allégations erronées, des attaques sans fondement, des invectives sans justice; mais ces exagérations, ces erreurs, n'étaient-elles pas inévitables après tant d'années de compression, de silence et, il faut bien le dire, de mensonge? Après tout, ce que la terrible brochure renfermait de plus accusateur et de plus amer sur la dureté de l'Empire, le ravage annuel et les reprises croissantes de la conscription, les tyrannies locales et l'oppression publique, n'excédait en rien -- le mot est de Villemain -- le grief et la plainte de la France à cette époque [61]. Le Sénat lui-même venait de résumer, dans son décret de déchéance, ces griefs et ces plaintes de la France; mais il ne pouvait pas lui appartenir d'être l'organe et le vengeur de la conscience publique à l'heure où elle recouvrait enfin la faculté de se faire entendre. Cet honneur revenait de droit à l'homme qui, dix ans auparavant, le 21 mars 1804, avait seul répondu par sa démission à l'attentat de Vincennes.