Note 20 — Chapter VI · SIR ORAN HAUT-TON
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‘Les jugemens précipités, et qui ne sont point le fruit d’une raison éclairée, sont sujets à donner dans l’excès. Nos voyageurs font sans façon des bêtes, sous les noms de pongos, de mandrills, d’oran outangs, de ces mêmes êtres, dont, sous le nom de satyres, de faunes, de sylvains, les anciens faisoient des divinités. Peut-être, après des recherches plus exactes, trouvera-t-on que ce sont des hommes.’—Rousseau, Discours sur l’Inégalité, note 8.
‘Il est presque démontré que les faunes, les satyres, les sylvains, les ægipans, et toute cette foule de demi-dieux, difformes et libertins, à qui les filles des Phocion et des Paul Émile s’avisèrent de rendre hommage, ne furent dans l’origine que des oran outangs. Dans la suite, les poëtes chargèrent le portrait de l’homme des bois, en lui donnant des pieds de chèvre, une queue et des cornes; mais le type primordial resta, et le philosophe l’apperçoit dans les monumens les plus défigurés par l’imagination d’Ovide et le ciseau de Phidias. Les anciens, très embarrassés de trouver la filiation de leurs sylvains, et de leurs satyres, se tirèrent d’affaire en leur donnant des dieux pour pères: les dieux étoient d’un grand secours aux philosophes des temps reculés, pour résoudre les problèmes d’histoire naturelle; ils leur servoient comme les cycles et les épicycles dans le système planétaire de Ptolomée: avec des cycles et des dieux on répond à tout, quoiqu’on ne satisfasse personne.’—Philosophie de la Nature.