Note (retour) — ACTE DEUXIÈME
François Guizot translation · Edition 6
On frappe ici, ma foi. Si un homme était le portier de l'enfer, il aurait assez l'habitude de tourner la clef. (On frappe.) Frappe, frappe, frappe. Qui est là, de par Belzébuth! C'est un fermier qui s'est pendu en attendant une bonne année. Entrez sur-le-champ, et ayez soin d'apporter assez de mouchoirs, car on vous fera suer ici pour cela. (On frappe.) Frappe, frappe, frappe. Qui est là, au nom d'un autre diable? Par ma foi, c'est un jésuite22 qui aurait juré pour et contre chacun des bassins d'une balance. Il a commis assez de trahisons pour l'amour de Dieu, et cependant le ciel n'a pas voulu entendre à ses jésuitismes. Entrez, monsieur le jésuite. (On frappe.) Frappe, frappe, frappe. Qui est là? Ma foi, c'est un tailleur anglais qui vient ici pour avoir rogné sur un haut-de-chausses français23. Allons, entrez, tailleur, vous pourrez chauffer ici votre fer à repasser. (On frappe.) Frappe, frappe. Jamais un moment de repos. Qui êtes-vous? Mais il fait trop froid ici pour l'enfer: je ne veux plus faire le portier du diable. J'avais eu l'idée de laisser entrer un homme de toutes les professions qui vont par le chemin fleuri au feu de joie éternel. (On frappe.) Tout à l'heure, tout à l'heure. (Il ouvre.) Je vous prie, n'oubliez pas le portier.