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Louis XIV et Marie Mancini d'après de nouveaux documents

Note 79 — CHAPITRE III

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Ajoutons qu'un homme distingué, M. F. Riaux, qui a annoté avec soin les Mémoires de Madame de Motteville, est tout à fait du même avis que nous sur cette question d'un intérêt capital. «De savants critiques, dit-il, ont cru trouver (dans les lettres de Mazarin à Mme de Venel) une preuve de l'inexactitude de ce passage des Mémoires de Madame de Motteville où elle raconte l'orgueilleuse tentation qu'aurait eue un instant le Cardinal et la dure réponse d'Anne d'Autriche. Il n'y a cependant nulle contradiction à admettre, d'un côté, que la violente passion de Louis XIV ait produit un éclair d'ambition suprême dans l'esprit d'un ministre qui avait déjà marié une nièce avec le frère du grand Condé et une seconde nièce avec le prince Eugène de Savoie; et, de l'autre côté, qu'une fois son parti irrévocablement pris sur cette question, l'oncle ait mis ses sentiments pour sa famille d'accord avec ses devoirs d'homme d'État. Ce n'est pas une fois, et comme par occasion, que Mme de Motteville parle des velléités ambitieuses qu'aurait excitées chez Mazarin la passion du Roi pour Marie Mancini. C'est à plusieurs reprises et sous des formes variées qu'elle rappelle la condescendance qu'il avait eue à Lyon pour les emportements de cette fille, condescendance qui établirait bien en effet que Mazarin n'aurait pas toujours traité de folie les idées et les emportements passionnés de Mlle de Mancini.» (Note de M. Riaux dans les Mémoires de Madame de Motteville, édition Charpentier.)

M. Henri Martin ne s'est pas laissé prendre non plus au prétendu désintéressement de Mazarin dans cette circonstance: «On peut dire, à la vérité, a-t-il soin de déclarer dans une note (Histoire de France, t. XII, p. 517, note 2, édition de 1865), que Mazarin connaissait l'humeur très peu reconnaissante de ses nièces, et en particulier le peu d'affection que lui portait Marie, dont le caractère était tout à fait antipathique au sien: il comprit qu'il ne gagnerait rien à faire de Marie une Reine: ceci diminue l'honneur de son désintéressement, mais au profit de sa sagacité.»

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