Note A — Chapter XIII
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"Forrest a reçu le surnom de Talma de l'Amérique, et ce surnom n'est point immérité. Forrest, de stature plus grande, plus athlétique que Talma, a avec lui une certaine ressemblance de tête. Il a étudié ce grand modèle auquel il a gardé une sorte de culte, et, dans son dernier voyage de Paris, en 1834, sa première visite fut à la tombe du grande artiste, sur laquelle il alla modestement et secrètement déposer une couronne. Il y a quelque choses de touchant et d'éloquent dans cet hommage apporté des rives lointaines du Nouveau-Monde à celui qui fut le roi du théâtre européen. Forrest a dans son répertoire certains rôles qui auront pour le public français un grand attrait de nouveauté. Tel est, par exemple, celui de l'Indien Metamora, qu'il rend avec tant d'énergie et de sauvage vérité. A son talent de premier ordre, Forrest a dû non-seulement une réputation sans rivale en ce pays, mais encore une très-belle fortune. Il est aussi haut placé comme homme que comme artiste. Il est l'un des tribuns les plus éloquents du parti démocrate, et il été un moment question de le nommer représentant du peuple au congrès. Il a donc tout espèce de titres à une réception brillante et digne de lui de la part du peuple parisien, si hospitalier à toutes les gloires. A sa titres nombreux à cette hospitalité, M. Forrest en a ajouté un encore, s'il est possible, par la manière honorable et cordiale dont il a parlé de la France dans le discours d'adieu qu'il a adressé l'autre jour aux habitans de Philadelphie. Voici la fin de ce speech: 'Pendant le voyage que je vais faire à l'étranger, je me propose de donner quelque représentations dans la capitale de la France, où je recevrai, je n'en doute pas, l'accueil le plus bienveillant et le plus cordial. Je crois que je ne hasarde rien en osant tant espérer. Je parle d'après ma connaissance personnelle du peuple français, au sein duquel je sais qu'un Américain est toujours bien venu. Un Américain se souvient avec gratitude que la France a été l'alliée, l'amie de son pays, dans la guerre de son indépendance, et la nation française n'a point oublié que c'est à l'exemple de l'Amérique qu'elle doit son initiation à la grande cause de la liberté humaine.'"