Note 14 — I LE CAFÉ DE LA POINTE.
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Il existe dans la marine et pour les marins seulement, une multitude de chansons égarées, qui, depuis un temps immémorial, parcourent les mers, sans que les noms de leurs auteurs soient restés dans la mémoire des matelots qui les chantent, et qui se les transmettent de générations en générations. Les archéologues maritimes chercheraient en vain l'origine de ces rapsodies de bord. D'où elles viennent, on ne sait. Où elles vont, c'est ce qu'on sait le mieux: elles vogueront sans cesse sur l'Océan dans le souvenir de tous les équipages qui les disent et qui les redisent, sans trop s'inquiéter de la biographie des rapsodes auxquels ils doivent ces petits poèmes errans, vieux enfans d'un caprice d'imagination ou des loisirs de quelques heures de quart. Les vieux marins les ont appris à leurs jeunes mousses. Les jeunes mousses les répèteront en vieillissant à leur tour, à ceux qui devront leur succéder dans la carrière; et si parfois une chanson nouvelle vient à poindre à l'horizon poétique qui environne les troubadours du gaillard d'avant, la chanson nouvelle prendra rang sans prendre date, au milieu de ses devancières, et elle courra les mers avec celles-ci, et comme celles-ci, sans qu'on songe jamais à lui demander compte de son origine.