Note 11 — LANCELOT DU LAC.
Reading edition
Ces récits ajoutaient à l'impatience qu'Hector avait de juger par lui-même de tant de beauté et de tant de prouesse. Ils arrivèrent au château de Garonhilde[11], résidence de Perside. La dame était dans le donjon; ils en montent les degrés et s'arrêtent à la porte de la chambre d'Hélène. «Que voulez-vous? disent les gardiens.—Je veux voir la dame que vous retenez.» Hélène alors occupée à se parer, entendit une voix et se hâta de paraître à la fenêtre; car sa geôle, fermée d'une haute clôture de fer[12], avait une seule fenêtre par laquelle on pouvait la voir. Il y avait une petite porte dont Perside gardait la clef et qu'il ouvrait, quand il lui plaisait de visiter sa chère victime. Hector avança donc un peu la tête et, tout aussitôt, ébloui de la beauté de la dame, il détache son heaume pour mieux la contempler. «Soyez le bienvenu, chevalier! dit Hélène.—À vous, dame, bonne aventure, comme à la plus belle que le monde ait pu jamais produire! Je me suis chargé, de soutenir votre cause avant de penser qu'elle fût aussi juste. Quelle prouesse pourrait être mise en balance avec votre beauté! Dieu, j'en ai la confiance, sera du même avis que moi.»