Note 31 — LANCELOT DU LAC.
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Elle va prendre alors par la main Bertolais: «Faites ici, lui dit-elle, votre serment, comme celui qui a tout vu et tout entendu.» Bertolais se met à genoux devant le roi, et défie quiconque essaierait de contredire la parole de la demoiselle. Messire Gauvain le regarde et se détourne en voyant le vieillard qu'on lui oppose. Dodinel le Sauvage, qui se trouvait le plus près du roi, dit à Bertolais: «Sire vassal, est-il vrai que vous entendiez, à votre âge, fournir la bataille? Honni le chevalier qui se présenterait contre vous! Faites mieux: appelez les trois meilleurs champions de votre pays, monseigneur Gauvain les recevra volontiers, et à son défaut moi, le moindre des trois cent soixante-six chevaliers du roi.—J'ai, répond la demoiselle, amené le plus preux chevalier de mon pays; libre à vous de le combattre, si vous tenez à garantir messire Gauvain.—Ah! fait Dodinel, que Dieu m'abandonne, si je daigne m'éprouver contre un pareil champion!» Et ce disant, il tourne le dos en crachant de dépit. Puis revenant au roi: «Sire, j'ai trouvé le chevalier qui pourra se mesurer avec le souteneur de la demoiselle; c'est Charas de Quimper[31], hautement renommé d'armes avant que votre père, le roi Uter Pendragon, ne fût armé chevalier.»