Note 4 — LANCELOT DU LAC.
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Après le souper, l'ermite demanda au chevalier s'il était au roi Artus. «Oui, damp ermite.—Je dois connaître votre nom, car les chevaliers de la maison du roi Artus sont les plus renommés du siècle.—Comment pouvez-vous le savoir?—Par un chevalier qui, après avoir servi le monde, a longtemps partagé ma solitude. Il se nommait messire Allier. En quittant le siècle, il avait laissé à Marest, son fils, une terre dépendante de la dame de Roestoc. Mais Marest ne put la défendre contre un baron nommé Ségurade, qui faisait à la dame de Roestoc une guerre opiniâtre. Quand il eut tout perdu, il vint raconter ici ce qui lui était arrivé. Or, messire Allier, pour s'être voué à Dieu n'en était pas moins resté d'os et de chair; il me prit à conseil: Père, dit-il, celui qui ruine et dépouille son voisin, sans avoir une injure à venger, n'est-il pas pire que les Sarrasins[4]?—Peut-être aussi mauvais, ai-je répondu, mais non pire.—Et Jésus-Christ me tiendrait-il compte de mon voyage, si j'allais le venger outre-mer?—Assurément.—Eh bien! j'irai combattre ceux qui ne valent pas mieux que les Sarrasins.» Il prit congé de moi, et se maintint dans la seule tour restée de son héritage, sans renoncer pourtant aux draps de religion. Je pense même qu'il ne tardera pas à revenir, car on m'a dit qu'un preux chevalier errant avait réduit à merci le tyran Ségurade[5]. Messire Allier me parlait souvent des chevaliers de la maison du roi Artus, de messire Gauvain, de Sagremor le desréé; surtout il m'avait recommandé de ne jamais voir un compagnon de la Table-Ronde sans chercher à connaître son nom.