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Les Romans de la Table Ronde (1 / 5)

Note 99 — LIVRE II. LE SAINT-GRAAL. (continued 2)

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«Parrain,» dit-elle, «mon père, le roi Résus, était allé visiter un de ses frères en Arphanie, quand il survint dans notre terre d'Arcoménie une grande flotte de gens de Cornouaille, sortis de la race des géants. On ne leur opposa pas de résistance. Tharus, un d'entre eux, m'ayant aperçue sur le bord de la mer comme je m'ébattais avec mes compagnes, m'enleva, et, charmé de ma beauté, de ma jeunesse, me conduisit bientôt dans cette île Onagrine dont il avait hérité après la mort de son oncle, vaincu et tué par le duc Nascien d'Orbérique[99]. Il fallut me résigner à lui servir de concubine, et à feindre des sentiments bien opposés à ceux que j'avais réellement. Car, on le dit en commun proverbe: Souvent déchausse-t-on le pied qu'on aimerait mieux trancher. Vous m'avez délivrée de ce tyran détesté; mais maintenant que vais-je devenir? Comment retourner vers mon père, qui ne me pardonnera pas d'avoir quitté le culte de ses idoles? Comment demeurer ici, quand les habitants ne m'ont pas fait hommage, et quand je ne suis pas souveraine par droit héréditaire? Ils ne me porteront révérence qu'autant qu'il leur plaira, et ne choisiront pas sans doute une femme pour être leur reine. Ah! si je pouvais compter sur un vaillant et hardi chevalier qui partageât mes honneurs, je tremblerais moins pour l'avenir.»

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