Note 97 — LIVRE II. LE SAINT-GRAAL. (continued 2)
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Quand fut disposée la litière sur laquelle on l'étendit, il partit accompagné du roi Nascien, du duc Ganor, des deux Joseph et de la reine Sarracinthe. L'ermitage où ils s'arrêtèrent était éloigné, comme avait dit Josephe, de toute habitation. On lui avait donné le nom de Milingène, qui en chaldéen a le sens de «engendré de miel», en raison des vertus et de la bonté des prudhommes qui l'avaient tour à tour occupé. On déposa le roi Mehaignié à l'angle avancé de l'autel, sur un lit enfermé dans une espèce de prosne en fer[97]. De là pouvait-il voir le Corpus Domini toutes les fois que l'ermite faisait le sacrement. Dans l'enceinte de fer était pratiquée une petite porte qui lui permettait de suivre des yeux le service de l'ermite. Quand il fut là déposé, le roi demanda qu'on lui présentât l'écu qu'il avait autrefois porté en combattant Tolomée-Seraste, et qui sur un fond blanc portait l'empreinte d'une croix vermeille. On le pendit au-dessus du lit, et le roi Mehaignié dit en le regardant: «Beau sire Dieu! aussi vrai que j'ai vu sans en être digne une partie de vos secrets, faites que nul ne tente de pendre cet écu à son col, sans être aussitôt châtié, à l'exception de celui qui doit mener à fin les merveilles du royaume aventureux, et mériter d'avoir après moi la garde du vaisseau précieux.» On verra que Dieu accueillit favorablement cette prière. Depuis ce moment, le roi Mehaignié ne prit aucune autre nourriture qu'une hostie consacrée par l'ermite, et que celui-ci lui posait dans la bouche, après la messe. Il était entré dans l'ermitage l'an de grâce 58, la veille de la saint Barthélemy apôtre.