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Les Romans de la Table Ronde (1 / 5)

Note 104 — LIVRE II. LE SAINT-GRAAL. (continued 2)

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Ces paroles, dites à demi-voix, réveillèrent Pierron, dont grande fut la surprise en voyant devant sa nacelle plusieurs demoiselles richement vêtues. La fille du roi, quand il ouvrit les yeux, dit: «Qui êtes-vous, jeune homme?—Dame, je suis un chevalier chrétien, né à Jérusalem: je me suis abandonné à la mer, dans l'espoir de trouver un homme assez sage pour connaître mon mal et le guérir.—Se peut-il,» reprit la demoiselle, «que vous soyiez chrétien! Hélas! mon père déteste les chrétiens et ne les souffre pas dans sa terre. Toutefois, en vous voyant si malade, j'ai grand désir de travailler à votre guérison. Que ne puis-je vous tenir dans nos chambres! je vous ferais visiter par un mire de votre créance, qui sans doute trouverait la médecine qu'il vous faut. Mais, si mon père venait à le savoir, nous serions perdus, vous et moi.—Ah! demoiselle,» reprit Pierron, «au nom de votre Dieu, non pour moi, mais en considération de gentillesse et de franchise, faites-moi parler au chrétien que vous dites.» Quand elle l'entend si doucement parler, elle regarde ses compagnes, comme pour savoir leur avis. «Si vous voulez,» dit l'une d'elles, «tant de bien à cet homme, sa guérison est entre vos mains. Il nous sera facile à nous toutes de le soulever, de le faire sortir de la nacelle, et de le transporter à l'entrée de votre jardin; de là, nous le conduirons au préau, et du préau dans votre chambre[104]. Une fois là, vous trouverez aisément le moyen d'avertir le chrétien de venir visiter la plaie de ce dolent chevalier.»

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