Note 11 — INTRODUCTION.
Reading edition
Je reviens à Nennius. Warton et les meilleurs critiques s'accordent à regarder la chronique qui porte ce nom comme l'œuvre d'un Breton armoricain, et M. Thomas Wright est persuadé que le texte n'en parvint en Angleterre que dans la première partie du douzième siècle[11]. Bien plus, avec une sagacité qui, suivant nous, aurait pu le conduire à d'autres inductions, mon savant ami a constaté que Geoffroy de Monmouth avait eu cette chronique du douzième siècle devant les yeux, et qu'il en avait même copié textuellement des phrases et des pages entières. Ainsi, par exemple, Geoffroy applique à la route suivie par le Troyen Brutus le récit que fait Nennius de la traversée d'un chef égyptien qui aurait peuplé l'Irlande. Voici d'abord Nennius: At ille per quadraginta et duos annos ambulavit par Africam, et venerunt ad aras Philistinorum per lacum Salinarum, et venerunt inter Ruscicadam et montes Azariæ, et venerunt per flumen Malvum, et transierunt per Mauritaniam ad Columnas Herculis, et navigaverunt Tyrrhenum mare, etc. (§ 15).