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Les Romans de la Table Ronde (1 / 5)

Note 4 — INTRODUCTION.

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Cependant ces anciennes mélodies avaient offert à nos aïeux du dixième siècle, du onzième et du douzième, autant de charmes que peuvent en avoir aujourd'hui pour nous les chansons napolitaines ou vénitiennes, les plus beaux airs de Mozart, de Rossini, de Meyerbeer. Partagés en plusieurs couplets redoublés, offrant une variété de rhythme et de ton, réunissant la musique vocale et instrumentale, les lais bretons ont été nos premières cantates. On l'a dit: si le monde est l'image de la famille, les siècles passés doivent avoir avec les temps présents d'assez nombreux points de ressemblance. Pourquoi des générations si passionnées pour les grands récits de guerre, d'amour et d'aventures, qui permettaient à ceux qui les chantaient de former une corporation nombreuse et active, n'auraient-ils rien compris aux mélodieux accords, aux grands effets de la musique? Pourquoi n'auraient-ils pas eu leur Mario, leur Patti, leur Malibran, leur Chopin, leur Paganini? Le sentiment musical n'attend pas, pour se révéler, la réunion de plusieurs centaines d'instruments et de chanteurs: il agit sur l'âme humaine en tous temps, en tous pays, comme une sorte d'aspiration involontaire vers des voluptés plus grandes que celles de la terre. Ce sentiment, il est malaisé de le définir; plus malaisé de s'y soustraire. Je ne tiens pas compte ici des exceptions; je parle pour la généralité des hommes. Il en est parmi nous quelques-uns qui ne voient dans le système du monde qu'un jeu de machines, organisé de toute éternité par je ne sais qui, pour je ne sais quoi. D'autres ne reconnaissent dans les plus suaves mélodies qu'un bruit d'autant plus tolérable qu'il est moins prolongé. Ces natures exceptionnelles, et pour ainsi dire en dehors de l'humanité, ne détruiront pas plus l'instinct de la musique que l'idée non moins innée, non moins instinctive de la Providence[4].

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