← Table of contents
Les Romans de la Table Ronde (1 / 5)

Note 37 — INTRODUCTION.

Reading edition

Que les Bretons du sixième siècle aient reconnu pour leurs premiers apôtres les disciples du Sauveur, ou bien seulement le décurion Joseph d'Arimathie, cette tradition est, en tous cas, le fondement de l'édifice romanesque élevé dans le cours du douzième siècle. Passons de l'époque de la première conversion des Anglo-Saxons, à la fin du septième siècle, alors que l'antagonisme des deux Églises, exalté par le massacre des moines de Bangor et le triomphe des Saxons, n'a rien perdu de sa violence. Les deux derniers rois de race bretonne, Cadwallad et Cadwallader, ont été l'un après l'autre chercher un refuge en Armorique: le premier, auprès du roi Salomon[37], dont les vaisseaux le ramenèrent bientôt dans l'île; le second, auprès du roi Alain le Long, ou le Gros. Cadwallad, pour quelque temps rétabli, laissa dans les établissements saxons une trace sanglante et prolongée de son retour. Après sa mort, son fils Cadwallader, victime d'une lutte renouvelée, quitta et abandonna la Grande-Bretagne en promettant d'y revenir comme avait fait son père; mais, au lieu d'accepter les secours que semblait lui offrir Alain, il s'en va mourir à Rome, où le Pape le met au rang des saints et lui fait dresser un tombeau, objet de la vénération des pèlerins bretons. Ceux-ci, refoulés dans le pays de Galles, attendaient toujours de leurs princes la fin de la domination étrangère; car les bardes, dont l'influence se confondait avec celle des clercs, avaient annoncé que Cadwallad, d'abord, puis Cadwallader, étaient prédestinés à renouveler les beaux jours d'Artus, et que ce n'était pas en vain que Joseph d'Arimathie avait jadis apporté dans l'île le vase dépositaire du vrai sang de Jésus-Christ.

Explore with AITake your curiosity a little further.

Reading settings