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Les Romans de la Table Ronde (1 / 5)

Note 33 — INTRODUCTION.

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Bien que le Vénérable Bède n'ait pas déterminé quels étaient ces sentiments «contraires à l'église universelle,—ces traditions que les Bretons et les Scots mettaient au-dessus de celles qui sont admises par toutes les Églises du monde,» peut être dans la crainte de jeter un nouveau brandon dans le feu des résistances, il n'est pas malaisé de voir, dans son livre même, une sorte d'indication des points sur lesquels portait le désaccord. Au livre V, dans le chapitre XXI consacré à rappeler la vie de saint Wilfride, originaire d'Écosse et réformateur de plusieurs monastères, nous voyons le saint, avant même d'être tonsuré, apprendre les Psaumes et quelques autres livres[33]. Puis, entré dans le monastère de Lindisfarn[34], Wilfride vient à penser, après un séjour de quelques années, que la voie du salut telle que la traçaient les Scots, ses compatriotes, était loin d'être celle de la perfection[35]: il prend donc le parti de se rendre à Rome, pour y voir quels étaient les rites ecclésiastiques et monastiques qu'on y observait. Arrivé dans cette ville, il doit à Boniface, savant archidiacre et conseiller du Souverain Pontife, les moyens d'apprendre dans leur ordre les quatre Évangiles, le comput raisonnable de Pâques, «et beaucoup d'autres choses qu'il n'avait pu apprendre dans sa patrie[36].» Arrêtons-nous ici. N'est-il pas singulier de voir Wilfride obligé d'aller à Rome pour y entendre les quatre Évangélistes? et n'est-il pas permis d'en conclure que les Scots, et à plus forte raison les Gallois, mettaient quelque chose au-dessus de ces quatre livres consacrés? En tout cas, on sait qu'ils refusaient de reconnaître le droit réclamé par les papes de nommer ou désigner leurs évêques. C'était suivant eux du métropolitain d'York, que devait exclusivement procéder toute la hiérarchie de l'Église bretonne. Comment auraient-ils pu justifier cette prétention, sinon sur la foi d'un cinquième Évangile, ou du moins de seconds Actes des Apôtres? MM. Varin et de Montalembert triomphent en nous défiant de trouver, dans la liturgie bretonne, un autre rapport avec l'Église grecque que celui du comput pascal. Mais, d'abord, nous ne savons pas bien toutes les formes de cette liturgie bretonne; puis, nous comprenons sans peine que la tradition de l'apostolat de Joseph d'Arimathie, née peut-être de la possession de quelque relique attribuée à ce personnage, et déposée originairement dans le monastère de Glastonbury, que cette tradition, disons-nous, n'ait rien eu de commun avec les usages et les rites de l'Église byzantine. Les Bretons croyaient simplement avoir été faits chrétiens sans le secours de Rome, et ils ne tenaient qu'à rester indépendants de ce siége suprême.

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